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Les manoeuvres s'enchaînent

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L'Hermione a déjà atteint la Catalogne. Le temps est très changeant et l'équipage doit en permanence adapter la voilure.

Ce week-end, la frégate a remonté toute la côte Est de l'Espagne. Sandrine, gabière à bord nous raconte comment se sont passés ces deux derniers jours.

Samedi 17 mars

« Il en est d’un navire comme d’une personne. On peut l’aimer, voire le comprendre d’emblée, mais pour le connaître, il faut du temps. Chaque jour apparait une facette nouvelle, un détail de rien, une réaction que l’on n’imaginait pas… Peu à peu, à la faveur du quotidien, de ses hasards et de ses nécessités, se tisse l’intimité. Pour nous tous, anciens comme nouveaux gabiers, la connivence avec la frégate se trame heure par heure, geste après geste. 

 

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Partis desserrer une voile carrée, on note le passage d’une manoeuvre que l’on n’avait pas comprise. Une nouvelle prise de ris et l’on saisit enfin le sens de transfile du raban d’empointure ou la meilleure manière de souquer le noeud de chirurgien avec lequel on serre les garcettes. Travaillant avec un co-équipier différent, on découvre une façon de faire plus économe ou plus efficace; le moyen mnémotechnique pour se rappeler l’emplacement d’une cargue ou la fonction d’un cordage au nom familier mais dont le mécanisme nous avait échappé. 

 

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Ainsi, et bien que les gestes se ressemblent et se répètent jour et nuit, forcément identiques, ils diffèrent un tantinet à chaque fois. Et toujours, ils portent un brin de savoir, de connaissance ou d’aisance supplémentaire. De cette aisance gagnée millimètre par millimètre, nous faisons notre miel, notre bonheur d’être en mer, tandis que défilent les côtes espagnoles à notre gauche, alternance de montagnes et de villes ou villages. »    

 

- La frégate reste proche des côtes espagnoles afin de s'épargner des conditions trop rudes. L'occasion pour parfaire les procédures de sécurité du bord. 

 

 

Dimanche 18 mars 2018

« Hier le lever de soleil ressemblait -enfin?!- à l’idée que beaucoup s’étaient faite de la navigation en Méditerranée : une aube très rouge, un ciel grand ouvert, un vent aimable, les hauteurs pelées d’une sierra à main droite et, autour du bateau, une troupe de dauphins. Un petit et un adulte caracolent un moment le long du bord, semblant observer les gabiers penchés sur la lisse. Quand ils s’éclipsent, quelqu’un sourit :  « Ils ont dû allés jouer avec le Lion (*). » 

 

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L’accalmie et le répit ne durent pas longtemps depuis le début du voyage. Le temps d’un changement de quart et les « Ho Hisse! » reprennent sur le pont. Ils marchent vite, « là haut », les copains de service. Sans courir, bien sûr, mais tout de même, les pas frappent fort et vite la dunette et le gaillard. Sous le pont, nous tendons l’oreille. Bientôt des voix résonnent dans le tiers de renfort : « Ceux qui sont réveillés, au boulot, le vent monte! Les autres, on se prépare! »

 

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L’armée en harnais se jette sur les drisses et les cargues pour réduire la toile. « Plus vite, allez, on se réveille! » crient les chefs de tiers. Dans les haubans, déjà, certains s’élancent pour arriser une nouvelle fois ces diables de Huniers. Vingt, trente noeuds de vent s’établissent. L’Hermione bondit et pique plein Nord, pour échapper à la prochaine dépression sur les Baléares. Le soir, les éclairs allument la mer de part et d’autre de la frégate, tandis que le vent retombe. « On va se les enlever ces ris, pour ne pas rester encalminés? » Tout le monde dans les hauts, c’est reparti pour le grand manège, hardis! »  

 

(*) la figure de proue

 

 

LOCALISATION DE L'HERMIONE 

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